La conservation marine à Madagascar franchit une nouvelle étape. À l’occasion de la 11e Conférence « Our Ocean », organisée à Mombasa au Kenya, le WWF Madagascar a lancé le Fonds pour la biodiversité marine et la résilience des communautés (MCRF), un mécanisme financier innovant doté d’un capital initial de 11 millions de dollars. Son ambition est de changer durablement l’avenir des communautés côtières tout en renforçant la protection des écosystèmes marins.
L’enjeu est de taille dans un pays qui abrite l’un des plus vastes réseaux mondiaux d’aires marines gérées localement. Plus de 1,8 million d’hectares sont aujourd’hui placés sous la responsabilité directe des communautés côtières. Ces dernières jouent un rôle essentiel dans la préservation des ressources marines, mais restent confrontées à un manque chronique de financement qui limite leurs capacités d’action et leurs perspectives de développement.
Le nouveau fonds entend justement combler cette lacune. Conçu en partenariat avec la Fondation pour les Aires Protégées et la Biodiversité de Madagascar (FAPBM), il vise à créer un lien direct entre les financements internationaux et les initiatives locales. L’objectif est de sortir progressivement d’une logique reposant essentiellement sur les subventions ponctuelles pour mettre en place des mécanismes de financement durables capables d’accompagner les communautés sur le long terme.
Au-delà de la protection de la biodiversité, le projet mise également sur le développement économique. Selon le WWF, la surexploitation des ressources marines résulte souvent d’un manque d’alternatives économiques plutôt que d’un déficit de sensibilisation. En offrant de nouvelles opportunités de financement aux entrepreneurs côtiers et aux activités liées à l’économie bleue, le fonds cherche à réduire la pression exercée sur les ressources naturelles tout en améliorant les revenus des populations concernées.
Les perspectives annoncées sont particulièrement ambitieuses. Au cours des vingt prochaines années, le MCRF prévoit de mobiliser près de 114 millions de dollars. Ces investissements devraient permettre de renforcer plus de 12 000 petites entreprises à travers le pays, d’améliorer la gestion de 400 000 hectares de mangroves et de récifs coralliens et d’avoir un impact positif sur plus de 1,5 million de personnes.
Pour garantir la pérennité de ces résultats, le dispositif s’appuie sur les structures nationales déjà existantes, notamment la FAPBM et Tany Meva, reconnues pour leur expertise dans le financement de la conservation. Cette approche doit permettre d’assurer une gestion durable des ressources tout en renforçant les mécanismes nationaux de financement environnemental.