La rétinopathie diabétique continue de progresser silencieusement à Madagascar, au point où de nombreux patients ne consultent qu’au stade des complications. C’est le message fort transmis lors du Rendez-vous du REMAPSEN consacré à la santé visuelle, organisé ce jeudi 04 juin à l’OJM Ambohidahy et en partenariat avec Malagasy Brand Communication.
Selon le spécialiste en rétinopathie diabétique, Dr Lucien Rakotoson, la maladie évolue souvent discrètement, avec comme principal signe une diminution progressive de la vision. Un constat préoccupant puisque, parmi les personnes reçues quotidiennement en consultation, près de 10 patients sur 30 présentent un diabète, soit environ un tiers des cas observés.
Les personnes âgées de 20 à 74 ans figurent parmi les tranches d’âge les plus concernées par cette pathologie, qui constitue aujourd’hui l’une des principales causes de perte de vision évitable lorsqu’elle n’est pas détectée suffisamment tôt.
« La majorité des patients qui consultent arrivent déjà au stade des complications », a souligné le spécialiste, mettant en garde contre le retard fréquent dans le dépistage.
Face à cette situation, les professionnels de santé rappellent l’importance d’un examen ophtalmologique régulier chez toute personne diabétique, idéalement une fois tous les six mois à un an, même en l’absence de symptômes.
Les experts insistent également sur la lutte contre les facteurs aggravants tels que l’hypertension artérielle, le surpoids ainsi qu’une mauvaise alimentation. Une meilleure hygiène de vie demeure ainsi un levier essentiel pour limiter les risques de complications oculaires.
Les traitements existent aujourd’hui, mais leur efficacité dépend largement de la précocité de la prise en charge. Plusieurs options thérapeutiques sont disponibles, notamment le laser, les injections intra-vitréennes ainsi que la chirurgie spécialisée. Le coût d’une injection peut atteindre environ 160 000 ariary tandis qu’une séance de laser est estimée autour de 150 000 ariary.
L’Institut de la Vision de Madagascar (IVM), situé à Mahazo Ambatomaro, dispose notamment d’équipements spécialisés et de technologies conformes aux standards actuels, notamment pour les traitements au laser et les injections destinées aux complications liées au diabète. L’établissement réalise plus de 18 500 consultations annuelles et a effectué près d’un millier d’injections intra-vitréennes lors de son dernier bilan annuel.
À travers cette sensibilisation, les spécialistes lancent ainsi un appel : toute personne vivant avec le diabète devrait intégrer le suivi ophtalmologique dans son parcours de soins afin d’éviter qu’une maladie silencieuse ne conduise progressivement à la cécité.
