
Réforme foncière : terres récupérées, exploitants favorisés
Le gouvernement malgache s’engage dans une réforme majeure du foncier visant à supprimer le statut des terrains dits « colons », souvent à l’origine de conflits récurrents. L’annonce a été faite par le ministre de l’Aménagement du territoire et des Services fonciers, Lylison René de Rolland, lors de l’ouverture officielle d’un atelier régional à Havoria Anosy.

Selon les autorités, ces terrains seront récupérés par l’État puis redistribués aux occupants qui les exploitent réellement. Un projet de loi en ce sens a déjà été déposé à l’Assemblée nationale, avant son examen prochain en Conseil de gouvernement, avec l’objectif d’une adoption rapide.
Cette réforme entend mettre fin à un système jugé obsolète et source d’injustices. La conservation de ces terres en tant que propriétés privées transmissibles ou cessibles a, en effet, alimenté de nombreux litiges fonciers. À travers ce texte, l’État prévoit de supprimer tout droit d’héritage ou de vente lié à ces terrains.
Les autorités rappellent que ces terres appartenaient historiquement aux Malgaches avant la période coloniale, justifiant ainsi leur retour dans le domaine de l’État. Une fois la loi adoptée, aucune transaction — qu’il s’agisse de vente, de donation ou de succession — ne sera plus autorisée pour les terrains concernés.
Face à des informations faisant état d’une ruée vers la vente de ces biens, le gouvernement a également décidé de suspendre immédiatement toute opération foncière liée aux terrains « colons ». Aucun dossier de mutation ne sera traité jusqu’à l’entrée en vigueur de la nouvelle législation.
À travers cette initiative, l’État entend corriger les déséquilibres hérités de l’histoire, garantir un accès plus équitable à la terre et réduire durablement les conflits fonciers dans le pays.



