
COTONOU – « Un micro peut sauver autant de vies qu’un médicament. » C’est par ces mots percutants que le Dr Michel Sidibé, ancien Ministre de la Santé du Mali et figure emblématique de la diplomatie sanitaire mondiale, a marqué la clôture du Forum des médias sur les Maladies Tropicales Négligées (MTN) ce 30 janvier 2026 au Bénin.
Organisé par le Réseau des Médias Africains pour la Promotion de la Santé et de l’Environnement (REMAPSEN), cet événement a culminé avec la remise des Awards portant le nom du Dr Sidibé. Loin d’être une simple cérémonie de gala, cette initiative vise à transformer la plume des journalistes en un véritable levier de santé publique sur un continent où le silence tue parfois autant que le virus.
L’élite du journalisme de santé et d’environnement primée

Le moment fort de cette rencontre a été la révélation des lauréats qui ont su, par leur rigueur, briser l’omertà autour des pathologies négligées. Dans la catégorie Santé, le travail de fond a été récompensé à travers différents supports : Aboubacar Touré (Planet.224, Guinée) pour la presse en ligne, Kadijah Aliyu (Federal Corporation, Nigeria) pour la presse écrite, Emefa Atiamoah (The Multimedia Group, Ghana) pour la radio et Régis Talikpéti (E47 TV, Togo) pour la télévision.
La thématique de l’Environnement, indissociable des enjeux sanitaires actuels, a également vu ses champions couronnés. Michael Moukouangui (Lettre verte, Gabon) s’est imposé pour la presse en ligne, aux côtés de Ngoya Ndiaye (Rewmi Quotidien, Sénégal) pour la presse écrite. Les ondes et les écrans n’ont pas été en reste avec les distinctions d’Aguibou Coulibaly (ORTB, Mali) pour la radio et de Caroline Wété (CRTV, Cameroun) pour la télévision.
Au-delà des distinctions individuelles, le REMAPSEN a tenu à saluer la force du collectif. Le Bénin, pays hôte, a réalisé un véritable plébiscite en remportant le 1er Prix (Super Prix) de la meilleure coordination nationale sous la direction de Michael Tchokpodo. Ce succès témoigne du dynamisme exceptionnel des journalistes béninois dans la sensibilisation de proximité. Le classement des nations les plus engagées est complété par la Côte d’Ivoire (2ème), le Cameroun (3ème), le Ghana (4ème) et le Togo (5ème).
Pour le Dr Sidibé, une maladie devient « négligée » dès lors que la société cesse d’en parler. En récompensant ces professionnels qui s’aventurent dans les zones les plus reculées, le réseau entend briser ce cycle de l’invisible. « Ce que l’on éclaire, on peut le vaincre ; ce que l’on ignore, on le condamne », a-t-il martelé devant un parterre de décideurs.
Un signal fort pour l’avenir

En clôturant cette 4ème édition, le président du REMAPSEN, Youssouf Bamba, a souligné que ces prix sont le témoignage de la reconnaissance du continent envers l’engagement historique de Michel Sidibé. Ce dernier a d’ailleurs lancé un appel direct aux dirigeants : un État qui craint ses journalistes affaiblit sa propre politique de santé.
Les lauréats de cette édition 2025 sont désormais investis d’une mission de justice sanitaire. Le message de Cotonou est clair : quand une maladie fait la une des journaux, elle commence déjà à reculer. La plume et le micro sont désormais officiellement reconnus comme des instruments de guérison collective.



