Environnement

Migration interne : vers une stratégie nationale face aux impacts du climat

Les impacts du changement climatique sur les déplacements de population deviennent une préoccupation croissante à Madagascar. Les 5 et 6 mars 2026, un atelier de restitution organisé à l’Hôtel Carlton a réuni près de 60 participants afin de discuter des liens entre aléas climatiques et migrations internes et d’identifier des solutions adaptées au contexte malgache.

La rencontre rassemble des représentants des ministères, des collectivités territoriales, des organismes de recherche, des organisations de la société civile, des agences de développement ainsi que des communautés locales issues notamment des régions Androy et Boeny. L’objectif est de partager les résultats d’une étude consacrée aux dynamiques de migration interne dans un contexte de changement climatique et de formuler des recommandations pour améliorer la gestion de ces déplacements.

Cet atelier s’inscrit dans le cadre du projet ProMIC – « Améliorer la gestion des migrations internes dans le contexte du changement climatique dans des communautés d’accueil du nord de Madagascar ». Le projet est mis en œuvre par la coopération allemande à travers la Deutsche Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit (GIZ) sous la tutelle du Ministère de l’Intérieur et de la Décentralisation.

L’étude présentée lors de l’atelier a été réalisée par l’United Nations University – Institute for Environment and Human Security (UNU-EHS). Elle analyse les liens entre les aléas climatiques et les dynamiques migratoires internes, avec un focus particulier sur les régions Boeny et Androy. Les chercheurs se sont notamment intéressés aux facteurs qui poussent les populations à se déplacer, aux impacts du climat sur les moyens de subsistance et aux effets de ces mobilités sur les territoires d’accueil.

À Madagascar, les sécheresses prolongées, les cyclones ou encore l’irrégularité des pluies fragilisent les moyens de subsistance de nombreuses communautés rurales, largement dépendantes de l’agriculture et des ressources naturelles. Dans certaines régions particulièrement exposées, ces pressions environnementales peuvent accentuer les déplacements vers d’autres zones du pays, où les populations espèrent trouver des opportunités économiques ou des conditions de vie plus stables.

Cependant, ces migrations internes posent également des défis pour les zones d’accueil. L’accès à la terre, la gestion des ressources naturelles ou encore l’intégration socio-économique des nouveaux arrivants sont autant de questions qui nécessitent des réponses concertées entre les autorités publiques, les communautés locales et les partenaires techniques.

La première journée de l’atelier est consacrée à l’analyse des dynamiques migratoires à l’échelle nationale et aux perspectives de politique publique. Des présentations sont notamment assurées par le Centre National de Recherche sur l’Environnement à travers l’Observatoire des Migrations Internes à Madagascar (CNRE/OMIM) ainsi que par l’UNU-EHS. Ces interventions sont suivies d’un panel multi-acteurs permettant aux participants d’échanger sur les principaux défis liés à la migration interne dans le pays.

La deuxième journée met davantage l’accent sur les solutions et les initiatives régionales. Plusieurs organisations présentent leurs expériences et leurs approches, notamment l’Organisation Internationale pour les Migrations (OIM), le projet CHAIN et le think tank malgache Think Tany. Les discussions se poursuivent à travers des travaux de groupe participatifs destinés à identifier des pistes d’action concrètes.

Parmi les thématiques abordées figurent l’amélioration de la gouvernance foncière, l’adaptation des systèmes agricoles aux changements climatiques, le renforcement des moyens de subsistance dans les zones d’accueil ou encore la prévention des tensions liées à l’accès aux ressources. Les participants examinent également le rôle des collectivités territoriales et la nécessité d’intégrer la question des migrations internes dans les politiques publiques nationales et locales.

Pour les organisateurs, cet atelier constitue une étape importante pour renforcer la coopération entre les différents acteurs impliqués dans la gestion des migrations internes. En favorisant le dialogue entre chercheurs, autorités publiques, organisations de la société civile et partenaires internationaux, il vise à promouvoir une approche plus coordonnée et multisectorielle face aux défis posés par le changement climatique.

Présente à Madagascar depuis 1982, la Deutsche Gesellschaft für Internationale Zusammenarbeit (GIZ) accompagne plusieurs initiatives liées à l’environnement, à la gestion durable des ressources naturelles, à l’adaptation de l’agriculture au changement climatique, au développement des énergies renouvelables ainsi qu’à la décentralisation et au renforcement des communes.

Dans un pays particulièrement exposé aux aléas climatiques, la compréhension des interactions entre climat, mobilité humaine et développement local apparaît désormais essentielle pour anticiper les défis à venir et accompagner les communautés touchées par ces transformations.

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