Santé

VIH à Madagascar : les parlementaires plaident pour une riposte durable

VIH/Sida : près de 90 000 personnes vivent avec le virus à Madagascar, les parlementaires mobilisés pour renforcer le financement de la riposte

Antananarivo – Face à une épidémie qui continue de progresser, Madagascar entend renforcer sa riposte contre le VIH/Sida en misant à la fois sur un meilleur financement national et sur un engagement accru des parlementaires. Réunis les 28 et 29 juillet à l’Hôtel Carlton, députés, représentants de l’État, organisations de la société civile et partenaires techniques et financiers participent à un atelier consacré à la gouvernance, au plaidoyer budgétaire et à la Santé et aux Droits Sexuels et Reproductifs (SDSR).

Les défis restent importants. Selon les données présentées au cours de la rencontre, près de 90 000 personnes vivent actuellement avec le VIH à Madagascar. Par ailleurs, les dernières statistiques du ministère de la Santé publique font état d’une prévalence de 1,1 % chez les femmes enceintes, un indicateur qui témoigne d’une circulation persistante du virus malgré une prévalence nationale relativement faible. Les nouvelles infections concernent principalement les populations clés, mais aussi les femmes et les jeunes, qui demeurent particulièrement vulnérables.

Les autorités sanitaires soulignent également que les jeunes en situation de vulnérabilité, les personnes détenues et les enfants nécessitent une attention particulière. Pour freiner la transmission du virus, le ministère de la Santé publique poursuit le renforcement des actions de prévention, de dépistage et de prise en charge. Les traitements antirétroviraux sont disponibles gratuitement dans les structures de santé du pays, tandis que les professionnels de santé bénéficient régulièrement de formations afin d’améliorer la qualité des soins et l’accompagnement des patients.

L’un des principaux défis reste toutefois le suivi des personnes ayant interrompu leur traitement ou de celles qui vivent avec le VIH sans être prises en charge. Selon le Dr Rakotoherimora Norosoa, cheffe du Programme national de lutte contre les IST, le VIH et le Sida, l’arrêt du traitement favorise une reprise rapide de la multiplication du virus, augmentant ainsi les risques de transmission. Le ministère entend donc intensifier les actions de recherche active de ces patients et lutter contre la stigmatisation qui constitue encore un frein au recours aux soins.

Au-delà de l’aspect sanitaire, la question du financement occupe une place centrale. Les organisateurs rappellent que la riposte nationale demeure fortement dépendante des financements extérieurs, tandis que plusieurs volets essentiels de la santé sexuelle et reproductive, notamment la planification familiale, les services destinés aux adolescents et aux jeunes, la lutte contre les violences basées sur le genre ou encore la disponibilité des produits de santé reproductive, restent insuffisamment financés.

C’est dans cette perspective que l’Assemblée nationale, à travers son Projet de gouvernance parlementaire en matière de SDSR et de VIH/Sida, en partenariat avec le Réseau Parlementaire National pour la Justice Reproductive (RPNJR), le Forum parlementaire de la SADC, l’UNFPA, le programme WISH2, PSI Madagascar, Ainga Aides et Marie Stopes Madagascar, souhaite renforcer le rôle des élus dans le contrôle de l’action gouvernementale, l’amélioration du cadre législatif et le plaidoyer en faveur d’un financement national durable.

Les discussions s’inscrivent dans la continuité des actions du Réseau national des parlementaires pour l’équité en santé reproductive. Les participants sont invités à identifier les priorités budgétaires, à proposer des réformes législatives adaptées au contexte actuel et à renforcer la coordination entre le Parlement, le Gouvernement, la société civile et les partenaires techniques et financiers. L’objectif est de bâtir une réponse plus durable au VIH/Sida et de garantir un meilleur accès aux services de santé sexuelle et reproductive pour l’ensemble de la population.

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