Santé

Droit et santé sexuelle et reproductive : l’ECS réclamé par les jeunes

Majunga, le 12 novembre 2025 – Les chiffres sont alarmantes ! Trois adolescents de 15 – 19 ans meurent chaque jour à Madagascar suite aux complications liés à la grossesse et / ou à l’accouchement. Selon un rapport du fonds des nations unis pour la population (UNFPA), « le ratio de mortalité maternelle (335 [229-484] décès pour 100 000 naissances vivantes) est stagnant. Chaque année, environ 2 800 femmes décèdent – lors de leur grossesse ou à la suite de leur accouchement. » En outre, on a constaté une hausse de cas de grossesse précoce et de mariage forcé.

Les jeunes ne sont pas au courant de leurs droits en matière de santé reproductive. Ces droits, mentionnés dans la loi 2017-043 relative à la santé de la reproduction et à la planification familiale. Lors du dialogue tenu le 12 novembre 2025 à Mahajanga, peu de jeunes présents semblaient au courant de l’existence de cette loi qui établit les droits en matière de santé sexuelle et reproductive. Cette action est une partie intégrante de la « campagne zéro discrimination » lancée par le Réseau Parlementaire National pour la Justice Reproductive (RPNJR), avec l’appui de l’IPAS Afrique Francophone.
Suite aux débats qui ont suivi les sessions de groupe, les jeunes ont formulé un consensus sur l’importance de l’éducation complète à la sexualité (ECS) afin de réduire le taux de mortalité maternelle à Madagascar, en particulier chez les adolescents. D’après Soumayah, une jeune militante de FISA, les éclaircissements fournis par les parlementaires leur ont permis de saisir davantage l’importance de la loi 2017 – 043. Elle a indiqué que « j’ai besoin d’informations sur la loi pour savoir où je vais et ce que je dois faire par rapport à cette loi. » Lorsqu’on les interroge sur leurs opinions, ces jeunes de Mahajanga privilégient la mise en application de l’ECS à tous les niveaux. D’après Clérin Randriamanana, « l’ECS comprend sept éléments importants qui aident les jeunes à faire des choix éclairés concernant la santé de la reproduction. »

Moyen pour se protéger

Soumayah exprime son inquiétude concernant la propagation du VIH à Mahajanga. Aujourd’hui, les jeunes sont exposés à ce fléau, notamment s’ils ne sont pas préparés et formés adéquatement. D’après les renseignements fournis par un spécialiste de la santé, plus de 2000 cas ont été recensés dans les trois structures responsables du dépistage du VIH à Mahajanga, à savoir le Centre Hospitalier Universitaire d’Androva, le Centre de Santé Intégré de Mahabibo et le Centre de Santé Intégré de Sotema.

Par ailleurs, un grand nombre de jeunes filles tombent enceintes dans les zones éloignées du centre-ville. Ces grossesses non désirées contribuent non seulement à la déscolarisation des jeunes, mais aussi à la pratique illégale de l’avortement. Selon les statistiques, « Madagascar enregistre environ 75 000 cas d’avortement par an, une pratique largement clandestine et non sécurisée, étant donné que l’interruption volontaire de grossesse (IVG) y est interdite. Ces avortements clandestins constituent une cause majeure de mortalité maternelle, représentant environ 16 % de ces décès. » C’est la raison pour laquelle est important la mise en œuvre de l’ECS, la formation des parents et la création d’emploi pour les jeunes disait Soumayah. « J’exhorte tout ce qui sont sexuellement active à se protéger en utilisant les préservatifs » a – t – elle continuer.
Il est temps que les parents et leurs enfants engagent des discussions sur la sexualité, de manière à ce thème cesse d’être perçu comme un sujet tabou.

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