Antananarivo, 13 juin 2026 — Les journalistes d’Analamanga ont tenu, ce samedi au Stade Barea, une assemblée générale extraordinaire (AGE) marquée par des débats intenses autour de la réforme de la profession et de l’avenir de leurs instances représentatives. Avec 128 participants, la rencontre s’est conclue par un choix clair : reporter les élections et privilégier une refonte du cadre légal et institutionnel du secteur.
Cette AGE intervient dans un contexte hautement symbolique. Elle est la première du genre depuis 1991, une période souvent citée comme référence dans l’histoire du mouvement professionnel des journalistes à Madagascar. Particularité notable, l’initiative s’inscrit dans une dynamique nationale : des journalistes des régions ont également tenu leur propre AGE au cours de la même journée, afin de contribuer aux réflexions et aux décisions relatives à la réforme du secteur. L’ensemble des décisions issues de ces différentes rencontres sera ensuite regroupé pour la suite du processus.
Au cœur des discussions : la nécessité de restaurer l’éthique journalistique, de clarifier la définition du statut de journaliste et d’assainir les listes électorales. Plusieurs intervenants ont alerté sur la présence de détenteurs de cartes professionnelles ne remplissant pas les critères requis, ainsi que sur la montée des nouveaux profils issus du numérique (freelance, journalistes en ligne, caméramans et pigistes).
Les participants ont également débattu d’une réforme profonde du système électoral, incluant la possibilité d’un scrutin de liste et une meilleure représentation des régions. La question d’un encadrement juridique spécifique au journalisme a aussi été fortement soutenue, afin de traiter en priorité les litiges liés à la profession.
Deux positions se sont opposées : ceux qui plaident pour l’organisation immédiate des élections afin d’assurer une gouvernance légitime, et ceux qui estiment qu’une réforme préalable du cadre légal est indispensable pour garantir la transparence et l’équité du processus.
Au terme des échanges, la majorité a opté pour l’attente de la révision des textes en vigueur, avec un seul vote en faveur d’une élection immédiate contre 57 voix pour la réforme préalable. Les participants ont ainsi décidé de maintenir le CTOJM tout en engageant une restructuration progressive, incluant une décentralisation vers les régions.
Cette AGE marque ainsi une étape décisive pour la profession, entre volonté de modernisation, exigence de transparence et recherche d’un nouvel équilibre institutionnel.



