
La ville de Toliara accueille une campagne de vulgarisation de la loi 2017-043 relative à la santé de la reproduction et au planning familial, à l’initiative d’IPAS Afrique Francophone et du Réseau Parlementaire National pour la Justice Reproductive. Au-delà d’une simple action d’information, cette mobilisation met en lumière les enjeux spécifiques du sud-ouest de Madagascar, où les défis en matière de santé sexuelle et reproductive restent particulièrement marqués.
Le choix de cette région s’explique par la vulnérabilité persistante de certaines catégories de la population, notamment les jeunes, face aux grossesses précoces, aux infections sexuellement transmissibles et à un accès encore limité aux services de planification familiale. Les pratiques traditionnelles néfastes et le manque d’information continuent également de freiner l’exercice effectif des droits en santé reproductive, rendant nécessaire une approche de proximité.
Dès l’ouverture de la campagne, les organisateurs ont effectué des visites de courtoisie auprès des autorités locales, notamment le Directeur régional de la Jeunesse et des Sports Atsimo Andrefana, Rambelson Basile Casimir, ainsi que le préfet de Toliara, Ibramd Jee Bruno. Ces derniers ont salué l’initiative et exprimé leur volonté d’accompagner les actions de sensibilisation, jugées particulièrement opportunes dans le contexte local.

La délégation conduite par le Dr Rajaobelina Lova Herizo, président du Réseau Parlementaire National pour la Justice Reproductive, rassemble des profils variés : parlementaires, juristes, jeunes leaders et spécialistes de la communication en santé. Cette diversité reflète une volonté d’aborder la question de la santé reproductive de manière globale, en croisant les dimensions juridiques, sociales et communautaires.
Sur trois jours, la campagne s’articule autour d’activités de terrain visant à rapprocher l’information des populations. Après les rencontres institutionnelles, des descentes communautaires sont prévues, incluant un atelier avec des personnes en situation de handicap et des échanges directs avec les habitants, notamment dans les communes de Betsinjaka et Mangily. L’objectif est de favoriser une meilleure appropriation de la loi tout en encourageant le dialogue autour des réalités vécues.
Au cœur de cette démarche se trouve la volonté de lutter contre les pratiques sociales et culturelles qui entravent l’accès aux droits en santé sexuelle et reproductive. En misant sur une communication participative et adaptée au contexte local, les organisateurs espèrent impulser un changement durable des comportements.
La mobilisation conjointe des autorités, des acteurs de la société civile et des médias, dont le REMAPSEN – MADA, témoigne d’une dynamique collective. À travers cette initiative, Toliara apparaît ainsi comme un territoire prioritaire, mais aussi comme un laboratoire d’actions concertées pour renforcer l’effectivité des droits en santé reproductive à Madagascar.



