Ong intrahealth : Fistule obstétricale, une violence basée sur le genre

Mariage et grossesse précoce non désiré, favorisent l’augmentation de taux de la fistule obstétricale (FO) selon le docteur Cheick O. Touré, directeur régional de l’Intrahealth au niveau de l’Afrique de l’ouest et du Centre. Selon ses explications, les droits de ces jeunes filles ne sont pas respectés. Elles sont forcées à devenir mère sans leur consentement. C’est pour cela qu’il y a violence, non seulement psychologique mais aussi physique et sexuelle. Cette pratique, dans certains cas favorise la FO. L’IntraHealth montre que 88% des patientes qui présentaient une fistule avaient été mariées pour la première fois dans l’adolescence entre 10 – 19 ans. 80,5% des femmes souffrant de FO étaient des adolescentes de 11 – 19 ans au moment où elles accouchaient pour la première fois. Quand elles sont atteintes par la FO, les maris, les membres de leurs familles les rejettent. Privées de leurs droits, ces femmes vivent seules, marginalisées voir isolées, même au niveau de la religion. Cela entraine surement un traumatisme psychologique aux victimes de la maladie. A ce moment, leurs destins sont désormais entre les mains des chirurgiens spécialisés qui peuvent les réparer.
Causes de la fistule obstétricale
La fistule obstétricale est un problème de santé publique dans les pays en développement. Selon l’OMS plus de 2 Millions de femmes à travers le monde sont atteintes par cette maladie, dont 90% vivent en Afrique et Asie du Sud. Les facteurs favorisant la fistule sont l’âge maternel précoce moins de 18 ans, la pauvreté, la malnutrition, les pratiques néfastes telles que l’excision, l’inaccessibilité géographique aux services de santé et le recours tardifs aux soins.
La fistule obstétricale est une lésion induite lors d’un travail prolongé, pendant l’accouchement, lorsque la tête de l’enfant bute et exerce une pression continue contre les os du bassin, comprimant les tissus. Lorsque l’enfant, le plus souvent mort, finit par être expulsé, apparaît une déchirure entre les voies urinaires (ou plus rarement le rectum) et la paroi vaginale : c’est la fistule vésico‐vaginale ou recto‐vaginale. Dès lors la femme, quand elle a survécu, va perdre ses urines – voire ses fèces, ou les deux – jour et nuit sans discontinuer.
Action de l’Ong IntraHealth
A travers le projet USAID Fistula Mali, IntraHealth International ont réparer1096 femmes fistuleuses entre juin 2014 – avril 2018. 94% des cas confirmés ont bénéficié d’une prise en charge chirurgicale. Il a organisé 30 campagnes et réalisé des dépistages communautaires. Actuellement, IntraHealth sollicite l’appui du Réseau des Médias Africains pour la Promotion de la Santé et de l’Environnement (REMAPSEN) pour sensibiliser davantage la population ainsi que les décideurs. L’objectif de cette collaboration consiste à faire passer le message concernant la lutte contre les mariages d’enfants, l’accouchement sans risque, le respect de droit ainsi la prise en charge des femmes atteinte par la FO.



